Bonne nouvelle : la plupart des risques cardio-vasculaires peuvent être prévenus. C’est le message que veut faire passer la Fédération française de Cardiologie à l’occasion d’une campagne d’information qui se déroule actuellement auprès du grand public.
Des risques cardio-vasculaires qui augmentent spontanément avec l’âge et n’épargnent plus désormais le cœur des femmes. Le point avec le Pr Alex Vahanian, président de la FFC.
Des réticences au dépistage"Alors que les maladies cardio-vasculaires constituent la première cause de mortalité, il existe encore aujourd’hui en France une réticence à dépister et prévenir les facteurs de risques cardio-vasculaires", regrette le Pr Alex Vahanian, président de la FFC et chef de service du service de cardiologie à l’hôpital Bichat.
C’est en effet 450 personnes qui meurent chaque jour en France de maladies cardio-vasculaires comme l’infarctus du myocarde, l’accident vasculaire cérébral (AVC) ou l’insuffisance cardiaque, soit près de 180 000 décès par an. Alors pourquoi une telle réticence au dépistage ?
"Les maladies cardio-vasculaires paraissent bien moins effrayantes que d’autres maladies comme le cancer ou le Sida, par exemple. Les progrès récents de la cardiologie donnent l’illusion que des réponses médicales ou chirurgicales sont possibles en cas d’accidents cardiaques", reconnaît le Pr Vahanian. Des progrès qui permettent certes de sauver de plus en plus de vies, mais qui ne remettent pas en cause le vieil adage "mieux vaut prévenir que guérir".
Aussi, pour faire reculer significativement et durablement la mortalité cardio-vasculaire, la Fédération française de Cardiologie a-t-elle décidé de mettre en place une campagne de sensibilisation au risque cardio-vasculaire, avec l’aide de la Nouvelle Société française d’Athérosclérose (NSFA) et des laboratoires Pfizer. Une campagne qui a pour objectif de promouvoir une prévention active en rendant l’information de prévention gratuite et accessible à tous.
Dixit la prévention des risques d’accidents cardio-vasculaires, responsables de 450 décès par jour…
D’abord, le tabacLes messages de cette campagne d’information sont simples. Il existe des facteurs de risque inaccessibles à la prévention comme le sexe (masculin), l’âge ou l’hérédité. Mais, la majorité des facteurs de risque sont modifiables. En particulier, celui du tabagisme, responsable à lui seul de la plupart des accidents cardio-vasculaires survenant avant cinquante ans.
Autre facteur de risque modifiable :
l'hypertension.
Si trois quarts des Français hypertendus sont dépistés par le biais de leur médecin traitant ou de la médecine de travail, seul un tiers d’entre eux est correctement traité. Souvent par négligence, car les traitements et les mesures "hygiéno-diététiques" sont contraignants dans le temps.
Le cholestérol est un autre facteur de risque bien connu des Français. Mais le concept de "french paradoxe", qui serait lié à la consommation (modérée) de vin, a longtemps fait penser que les Français étaient mieux préservés que d’autres des accidents cardio-vasculaires malgré une consommation importante de graisses. Or, rien n’est démontré en la matière. L’excès de cholestérol touche environ dix millions de Français et constitue, lui aussi, un facteur de risque majeur même s’il reste longtemps silencieux.
Enfin, le diabète serait responsable de 15 % des infarctus du myocarde, car cet excès de sucre dans le sang touche les petites et les grosses artères de l’organisme. Certes, plusieurs années sont nécessaires pour que ce risque cardio-vasculaire devienne sévère. Mais ce qui fait aujourd’hui la gravité de cette maladie, c’est son caractère épidémique dans les pays occidentaux du fait de l’accroissement de la surcharge pondérale et le fait qu’elle concerne de plus en plus de jeunes, parfois dès l’adolescence.
Associations de risques = bombe à retardementMais c’est sans doute l’association de plusieurs facteurs de risque, même peu élevés, qui constitue la menace la plus sérieuse pour le cœur et les artères, une vraie bombe à retardement selon certains auteurs. Le concept de syndrome métabolique (SM) a été récemment décrit pour désigner un tableau clinique associant plusieurs facteurs de risque comme une surcharge pondérale, un pré-diabète, des graisses dans le sang et une hypertension.
"L’intérêt de ce concept de SM est de pointer le risque cardiovasculaire en présence de plusieurs petites anomalies biologiques", explique Berverley Balkau, chercheuse au département cardio-vasculaire et métabolique de l’hôpital Paul Brousse en région parisienne. Ce SM augmenterait par deux ou trois le risque d’accidents cardio-vasculaires et concernerait près de 20 % de la population adulte dans les pays occidentaux.
Avec le tabagisme, l’hypertension, le diabète, le cholestérol et le syndrome métabolique, ce sont au total près de vingt millions d’hommes et de femmes en France qui sont concernés par la prévention du risque cardio-vasculaire. Cette campagne de sensibilisation à l’initiative de la Fédération française de Cardiologie s’adresse en priorité à eux pour les aider à une prise de conscience sur une possible prévention et pour surmonter les réticences à consulter.
Informer et responsabiliser
Contrairement à la précédente campagne "choc" de l’Arcol (ex-NSFA) en 2003 sur l’excès de cholestérol où l’on voyait les pieds d’une personne décédée faute d’avoir négligé son cholestérol, cette nouvelle campagne veut adopter un ton qui reste grave mais qui n’est pas alarmiste. Elle met en scène des femmes et des hommes prenant conscience de leurs risques cardio-vasculaires et des solutions pour les réduire.
Cette campagne se veut donc informative et "responsabilisante". Elle doit durer jusqu’à la fin de l’année 2004. Elle prendra la forme d’annonces presse, de spots radio, d’un site Internet et un numéro azur pour s’informer.
Outre l’incitation à consulter son médecin traitant pour dépistage, les conseils de prévention à titre individuel sont de lutter contre la sédentarité (au moins une demi-heure de marche tous les jours), contre le tabagisme et l’obésité des jeunes, et d’adopter de bonnes habitudes d’hygiène de vie passant par une alimentation équilibrée.
Pour en savoir plusN° azur : 0810 741 741
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