Avec un peu plus de 2 millions de personnes diabétiques et une prévalence (types 1 et 2) voisine de 3,5%, la France est dans la moyenne européenne en terme de prévalence mais la situation des DOM-TOM est plus préoccupante.
La fréquence du diabète continue de croître du fait notamment de l’augmentation du vieillissement de la population et des conditions de vie (alimentation, obésité).
Le diabète est assez fréquemment une cause de mortalité associée, surtout pour les maladies cardiovasculaires. La gravité des pathologies associées tient surtout à ses complications à long terme, sources de handicaps, d’incapacités et d’une altération de la qualité de vie. Ces complications pourraient être, en grande partie, évitées.
Prévalence et incidenceOn compte un peu plus de 2 millions de personnes diabétiques en France, dont 90 % de diabète de type 2 soit environ 3% de la population française. Environ 90% des diabétiques diagnostiqués sont traités par des médicaments.
Il existe également une population de personnes diabétiques de type 2 non diagnostiquées. L’estimation de leur nombre varie entre 200 000 et 500 000.
ÉvolutionSelon les prévisions établies par l’OMS, la prévalence du diabète devrait augmenter de 35% entre 1995 et 2025 sur l’ensemble de la planète. En France, des informations de nature variée (INSEE, CNAMTS, AFSSAPS, … ) convergent pour estimer que le diabète de type 2 est en expansion et ce alors qu’on observe une augmentation récente du nombre d’obèses (y compris chez les enfants) qui constituent la principale population à risque pour cette maladie.
Place de la France par rapport aux autres pays européens pour le type 2
Elle se situe dans la moyenne européenne mais les comparaisons restent délicates du fait de l’hétérogénéité des méthodes de mesure employées.
CoûtsEn 2004 le diabète se situe à la deuxième place des motifs d’exonération du ticket modérateur au titre des affections de longue durée (ALD).
Le montant des consommations médicales remboursées au titre du régime général de l’assurance maladie aux personnes diabétiques était de 4,9 milliards d’Euros en 1998 et de 5,7 milliards d’Euros en 2000, soit une progression annuelle de 8,7% (source CNAMTS).
Les dépenses attribuables au diabète étaient estimées à 2 milliards d’Euros en 1998 et à 2,5 milliards d’Euros en 2000 ; cet accroissement de 20% en deux ans s’explique pour un peu plus de la moitié par l’augmentation du nombre de diabétiques traités durant cette période.
Pour ces deux années, les dépenses d’un diabétique étaient 1,7 fois supérieures à celles d’un sujet de la population générale.
Les dépenses générées par le diabète se concentrent sur un nombre limité de patients : selon la CNAMTS, 10 % des malades diabétiques engendrent 50 % des dépenses.
MortalitéPrès de 10 000 décès par diabète en cause initiale du décès ont été dénombrés en France (CépiDc). Deux décès sur trois sont survenus après 75 ans.
La part du diabète (cause initiale) dans la mortalité générale est de près de 2 %, mais varie selon l'âge. Elle est maximale entre 65 et 74 ans. Le diabète intervient donc surtout indirectement dans la mortalité.
Quel que soit le sexe, les maladies cardiovasculaires sont la cause d’un décès de personne diabétique sur deux dont un sur cinq pour les cardiopathies ischémiques.
ComplicationsLa gravité du diabète provient essentiellement des complications à long terme qui sont sources de handicaps, d’incapacités et d’une altération de la qualité de vie. Les complications du diabète sont de deux types, microvasculaires et macrovasculaires. Le diabète de type 2 pouvant rester longtemps ignoré, il n’est pas rare que le diagnostic du diabète soit fait devant l’une de ces complications.
Complications micro vasculairesCe sont les plus spécifiques. Elles touchent la rétine, le rein et les nerfs périphériques. Le délai d’apparition des complications microvasculaires est d’environ 5 ans après l’installation du diabète
Rétinopathie - L’évolution de la rétinopathie peut aller jusqu’à entraîner la cécité et le diabète est considéré comme la première cause de cécité chez les sujets de moins de 50 ans dans les pays occidentaux.
Néphropathie - La néphropathie débutante touche environ 30% des diabétiques en France et la néphropathie évoluée (insuffisance rénale avérée) atteint 3% des diabétiques. La néphropathie diabétique peut conduire à l’insuffisance rénale chronique dite terminale qui impose une solution de suppléance (dialyse rénale voire greffe rénale), grevant lourdement non seulement la qualité de vie mais aussi le pronostic vital (la survie moyenne d’un diabétique de type 2 entrant en dialyse est d’environ 3 ans).
En 2001, près de 20% des hospitalisations des patients diabétiques correspondent à un séjour en néphrologie.
Actuellement parmi les 7000 nouveaux patients mis en dialyse chaque année dans notre pays, près de 40%, sont des diabétiques.
Dans les DOM-TOM, en 1995, la proportion de diabétiques parmi les dialysés atteignait 26%, presque le double du chiffre en métropole.
Neuropathie - Les neuropathies périphériques sont fréquentes : environ 50% des patients après 15 ans d’évolution. Chez le patient diabétique, le risque d’amputation des membres inférieurs est multiplié par 10 à 15 d’après la littérature.
Complications macro vasculairesLe diabétique est soumis à un risque important d’athérosclérose et de maladies cardiovasculaires. Ces dernières constituent une fois sur deux, la cause de décès d’un diabétique en France.
Inégalités socialesEn 1999, selon le CépiDc de l’INSERM, la mortalité liée au diabète variait fortement selon la catégorie sociale en France. Les taux de décès par diabète, en cause initiale, sont nettement plus élevés pour les «ouvriersemployés» que pour les «cadres supérieurs-professions libérales» (respectivement 1,8 et 0,6 pour 100 000).
Inégalités géographiquesLes données sur les départements et territoires d’Outre-Mer, indiquent une prévalence du diabète dans les DOM-TOM proche du double de celle de la métropole, avec essentiellement des diabétiques de type 2.
Source :Dossier de presse : " la prévention des complications du diabète "
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