Encore appelé diabète gras, sucré ou de type 2, le diabète de la maturité est en passe de devenir épidémique. Malbouffe, sédentarité, surcharge pondérale, allongement de la durée de vie, favorisent une pathologie d’autant plus redoutable qu’elle reste longtemps silencieuse. Faisons le point...
Des chiffres en constante augmentationSelon l'IDF (International Diabètes Fédération), 194 millions de personnes sont aujourd'hui diabétiques, soit près de 5,1% de la population mondiale adulte, et 314 millions de personnes (8,2%) présentent un "pré diabète", une tolérance au glucose altérée. Et les prévisions ne sont guères optimistes!
Certains en souffrent sans se douter que trop de sucre circule dans leur sang. Car cette pathologie a pour particularité de rester longtemps silencieuse ; le diagnostic n’est posé, le plus souvent, qu’entre 60 et 65 ans, à l’occasion d’un bilan sanguin. Cette forme de diabète est la plus répandue (80 %), loin devant le diabète juvénile (diabète de type 1), d’origine génétique et apparaissant dès l’enfance.
Le diabète de la maturité est associé aussi dans 60 % des cas à une surcharge pondérale, dans 50 % à une hypertension artérielle et pour un tiers à un taux de graisses trop élevé dans le sang (le cholestérol en particulier). Mais avec plus d’un million d’enfants en surcharge pondérale aujourd’hui dans l’Hexagone, une épidémie de diabète est à craindre pour les années à venir, touchant sans doute des sujets de plus en plus jeunes. La Belgique compte environ 330.000 personnes qui souffrent d'un diabète de type 2 appelé aussi diabète non insulino requérant ou encore diabète de maturité par opposition ou diabète de type 1.
La Journée mondiale du Diabète du 14 novembre 2004 a tiré la sonnette d'alarme.Alors que faire face à cette épidémie programmée ? "Il faut d’abord dépister beaucoup plus tôt cette pathologie, dès 45 ans chez les sujets sans symptômes particuliers, explique le Pr André Grimaldi, chef de service de diabétologie à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris). Mais ce dépistage peut se faire encore avant chez les sujets obèses ou présentant d’autres facteurs de risque comme l’hypertension artérielle, des chiffres élevés de cholestérol ou des antécédents familiaux de diabète."
Le diabète dénoncé comme maladie galopante du nouveau siècle. Faisons le point pour mieux prévenir.
Prévenir les complicationsPourquoi ce dépistage précoce est-il si important ? C’est que cette maladie met 10 à 15 ans à créer des lésions irréversibles au niveau des petites et des grosses artères de l’organisme, à l’origine de complications cardiovasculaires (angine de poitrine, artérite, infarctus…), rénales (insuffisance rénale) ou oculaires (lésions de la rétine). Les premiers signes paraissent souvent anodins (envie fréquente de boire et d’uriner, fatigue persistance, faiblesse musculaire…).
Une fois le diagnostic de diabète établi, le médecin fera un bilan de la maladie avec un examen clinique, une prise de sang, une analyse d’urine, un fond d’œil (examen de la rétine) et un électrocardiogramme à la recherche de complications. Certains de ces examens devront être renouvelés tous les 6 mois (dosage de l’hémoglobine glyquée par exemple) ou tous les ans pour évaluer l’évolution des complications de cette maladie.
A partir de quels chiffres faut-il s’inquiéter ? Des recommandations récentes de l’Agence nationale d’accréditation et d’évaluation en santé (ANAES) considèrent que des risques au niveau des petites artères apparaissent quand le taux de sucre dans le sang (glycémie) est supérieur à 1,26 g/l, ce qui est équivalent à un taux d’hémoglobine glyquée de 6,5 %. Mais ces examens doivent être répétés dans le temps pour confirmer le diagnostic.
Enfin le médecin donnera des conseils hygiéno-diététiques (régime, perte de poids, arrêt du tabac, exercice physique…) et proposera une auto-surveillance glycémique (surveillance par le patient lui-même grâce à un appareil qui dose le sucre dans une goutte de sang).
Exercice physique et régimeLe régime et l’exercice physique sont parfois suffisants pour faire baisser le taux de sucre dans le sang et ils doivent être proposés en première intention : une demi-heure de marche au moins tous les jours, au moins trois repas par jour, peu de sucres qui passent rapidement dans le sang (sucre en poudre ou en morceaux, gâteaux, confitures, miel…) à répartir entre les différents repas, manger des féculents et des fruits mais pas en trop grande quantité, réduire l’apport en graisses d’origine animale.
Si ces mesures s’avèrent insuffisantes, il existe des médicaments efficaces pour lutter contre le diabète de la maturité :
> Les sulfamides hypoglycémiants : ils stimulent la sécrétion d’insuline par le pancréas, ce qui fait baisser le taux de sucre dans le sang.
> Le biguanide : il réduit la fabrication de sucre par l’organisme.
> Les glitazones : nouveaux médicaments contre le diabète de la maturité, ils sont prescrits en complément des autres médicaments, uniquement par un spécialiste (diabétologue ou endocrinologue).
> L’insuline est parfois prescrite en injection si les médicaments précédents restent insuffisants à contrôler le taux de sucre dans le sang.
Enfin il faut aussi traiter les autres facteurs de risque comme un taux de cholestérol trop élevé, une surcharge pondérale ou une hypertension artérielle, qui aggravent les risques de complications du diabète.
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